Nouvelle jeunesse pour la Tour de Miomu

Le 03/07/2017

La tour de Miomu est en phase d’être restaurée ! En effet, l’édifice rassemble deux aspects propices à une réhabilitation au public : seules 18% des tours insulaires présentent un état de conservation aussi satisfaisant, et seules 11% d’entre elles se situent dans un contexte urbanisé tel que le notre. C’est ce constat qui a démontré la pertinence d’une ouverture au public de l’édifice, et d’y constituer, à la faveur de ce projet, un véritable lieu de documentation.

La tour génoise… Lieu de commerce, ou bâtiment militaire ?

Quel était finalement le rôle de cette tour génoise ? Entre science et interprétations populaires, il va bien falloir se mettre d’accord ! Alors que bon nombre d’habitants de la commune (dénoncez-vous !) persistent à appréhender l’édifice comme un bâtiment de commerce, une sorte de douane, il semblerait que la réalité soit toute autre. Afin de dissiper tous les doutes, le projet de restauration a été accompagné d’un dossier de diagnostic complet. Les expertises réalisées ont pu permettre, non seulement de confirmer le caractère militaire du bâtiment, mais aussi de mettre en lumière une stratégie et des dispositifs défensifs particulièrement sophistiqués.

Par exemple, si la base de la tour est un peu plus épaisse que son corps, ce n’était pas pour la stabilité ou pour l’esthétique, mais bien pour repousser les assaillants. Cette technique, appelée le système du rebond, consistait à laisser tomber en chute libre des projectiles depuis les assommoirs du haut de la terrasse. Ceux-ci tombaient alors tout droit, jusqu’à heurter la surface inclinée du glacis, et rebondissait sur les assaillants, avec une portée de projectile bien supérieure.

Par la suite, effectivement, la tour a été utilisée comme un édifice commercial.

Restauration et réhabilitation

Ce projet pilote pourra servir de modèle aux restaurations envisagées pour les autres tours génoises de l’île, il s’agit donc d’établir une cohérence intellectuelle, c’est une vue d’ensemble. La restauration vise aujourd’hui simplement à supprimer les dégradations naturelles du monument, en maintenant un état de conservation qui permettra au monument d’affronter entre autres la salinité marine, la puissance des vents littoraux, ou encore les écarts thermiques. Concrètement, cela signifie malheureusement que la tour perdra sa teinte, qui se nuance entre blanc cassé et orange, et qui lui vient des sables du Sahara, pour faire place à l’esthétique plus homogène d’un enduit de protection en ciment prompt naturel couleur chamois. La belle couleur ocre de notre tour reviendra progressivement.

Une porte traditionnelle en châtaignier clouté (à l’image de la porte principale de la Citadelle de Bastia) fermera l’entrée principale, au premier étage. Pour illustrer le changement d’affectation de l’édifice, ouvrage défensif devenu douane marchande, plusieurs strates historiques seront mises en valeur. La porte du rez-de-chaussée, percée plus tardivement  pour la douane, sera un peu plus contemporaine.

La pose d’un ascenseur s’étant avérée inimaginable, l’accès aux étages des personnes à mobilité réduite sera malheureusement impossible. Cependant, au rez-de-chaussée, des dispositifs touristiques équipés des technologies de la réalité augmentée permettront d’appréhender l’ensemble du volume bâti. Chaque autre niveau sera dédié à une thématique particulière. Le premier étage sera axé sur la botanique, avec un herbier d’espèces endémiques, le deuxième niveau mettra en scène l’architecture de l’édifice, et la terrasse supérieure disposera d’une série de tables d’orientation, pour évidemment terminer le parcours sur le paysage.

 

Afin de commencer les travaux au plus vite, il a été décidé que la restauration de l'intérieur de la tour débuteront au début du mois de juillet. Les travaux concernant la partie extérieure, eux, attendront la fin de la saison estivale.

Schéma illustrant la théorie du rebond

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